Favoriser l'Insertion des Jeunes en
Entreprise
Pour les Jeunes aujourd'hui, c'est en effet la quadrature du
cercle : les entreprises ne veulent pas les embaucher parce
qu'ils n'ont pas d'expérience, alors qu'ils ne peuvent
acquérir de l’expérience, que si on les embauche ; … au
moins une fois ! Et parallèlement, les entreprises
licencient des Anciens expérimentés, sous le prétexte que
passé la cinquantaine ils ne sont plus rentables ! Pour
remédier à ce gâchis aberrant de potentialités humaines il
serait judicieux de créer un dispositif binôminal qui
permette le transfert du savoir-faire et des compétences,
des Anciens vers les Jeunes. C’est d’ailleurs ce principe
d’apprentissage, manuel et aussi intellectuel, qui depuis
l'aube des temps a fait évoluer l’Espèce Humaine. Mais
peut-être qu’aujourd’hui, nous, Humains du 3eme millénaire,
poussés par des ambitions excessives voulons-nous aller,
trop vite et trop loin dans l'abstraction.
En Occident, nous démarrons une fuite en avant
intellectualisée à outrance. Pour une poignée de Terriens
qui caracolent en tête des sciences et des technologies, des
milliards d’autres restent sur le bord du chemin ! Car
l'enseignement trop théorique, trop abstrait, que l'on
privilégie depuis des décennies, dans les pays dits évolués,
rebutent des centaines de milliers de Jeunes aux "intellects
pratiques" qui, à partir de 14 ans, qu'on l'admette ou non,
en ont « ras le bol de l'école ». De plus, l'absurde
insistance des Parents et des Professeurs n'aboutit presque
toujours qu'à amener ces 'Etudiants forcés', à des
"situations d'échec" qui les marqueront pour la vie ! Il
faut pourtant comprendre, que ‘l’intelligence pratique’ qui
est souvent du ‘bon sens’, vaut bien ‘l’intelligence
théorique’ qui est souvent ‘vide de sens’. Nous connaissons
tous de ces gens super-instruits, incapables de bien gérer
leur vie !
L’Apprentissage
à 14 ans et la Culture générale
N'en
déplaisent à certains, il n'y aucun souci à se faire pour
ces Jeunes, sur le plan de la formation générale. Dés que
leur métier les aura 'révélés' et qu'ils gagneront bien leur
vie, ces Hommes pourront pendant toute leur existence,
parfaire leurs connaissances ou s'élever dans la hiérarchie
sociale, grâce à la 'Formation Continue'. En effet, cette
formation permanente leur permettra, durant toute leur vie,
d'apprendre toutes les disciplines qu'ils souhaiteront. Avec
l'énorme avantage que ces formations, qui seront alors,
désirées et choisies de façon délibérée, seront d'une
efficience rare. Ceci n'est pas une vue de l'esprit car les
exemples abondent ! Ne serait-ce que l'auteur de ces lignes,
qui a commencé sa carrière professionnelle à 14 ans, comme
apprenti-ajusteur chez RENAULT, et qui l’a terminé comme
patron d’une entreprise de mécanique de précision, d’une
centaine de personnes. Pour la petite histoire, précisons
même qu’il s’agit là d’un ‘manuel’ qui a, disons, mal
tourné, puisque qu’à présent beaucoup le considère comme un
‘intellectuel’ ! Et cela, parce que vers la cinquantaine,
piqué par le démon de l’écriture et philosophant sur son
vécu, il a commis moult réflexions sociales et articles de
presse, trois livres et, a même ouvert un Site internet,
assez suivi.
Pour un
Apprentissage à la Française (1)
Chez nos voisins Allemands, sur le plan de la formation des
Jeunes, des considérations plus logiques et mieux adaptées à
la diversité des intellects pratiques et théoriques, sont
prises en compte depuis longtemps. Chez eux l'apprentissage
est devenu une institution totalement intégrée dans la vie
sociale, et les Jeunes sont fiers d'être apprentis.
Avec les "Binômes Professionnels" nous pourrions
certainement faire mieux. Le grand intérêt de ces 'Binômes'
(B.P.) est d'instituer le "tutorat personnalisé". Jusqu'à
présent, les Jeunes sont confiés, dans les meilleurs des
cas, à des tuteurs de dépannage qui ayant leur propre
travail à fournir, négligent très souvent la formation de
leur apprenti. Avec les B.P., chaque fois qu'une entreprise
aura un poste à pourvoir, elle embauchera un "Binôme" dont
les deux personnes auront la charge d'assurer, et la
production du poste et la formation du Jeune. Ainsi chaque
Apprenti aura son Tuteur personnel.
Ce transfert de 'Maître et Disciple' pourrait préfigurer le
"compagnonnage des temps modernes" qui allant dans le sens
d'une formation réellement individualisée, tant sur le plan
professionnel qu’intellectuel et moral, répondrait mieux aux
besoins d’insertion et d’intégration de nombreux Jeunes
d’aujourd’hui ! Parce que la mise en place des Binômes
Professionnels, devrait également, au-delà de
l’apprentissage des métiers, favoriser l'épanouissement de
leur personnalité et la réussite de leur vie d'Homme.
L’Osmose de la
Formation et de l’Éducation
En effet la vie du Binôme, se déroulant en entreprise, lieu
où se vivent les efforts et les réussites, les joies et les
peines du travail, devrait générer des relations
privilégiées entre ses membres :
Pour les Jeunes. Tout d'abord, leur insertion dans le milieu
de l'entreprise qu'ils redoutent quelque peu, serait
largement facilitée par les conseils et la protection d'un
Homme d'expérience. Un Homme mûr que bien souvent ils
écouteront mieux que leur Père. Car ces Jeunes, marginalisés
par leur milieu, leur teint, la rue et même leur banlieue,
doivent faire au-delà de l'apprentissage de leur métier,
leur apprentissage de la vie. Ce sera là un rôle capital que
devra jouer le Maître envers son Disciple.
C'est ainsi que, par une éthique et des valeurs morales
retrouvées et surtout acceptées, il y a de fortes chances
pour que les Jeunes se réconcilient avec la vie Sociétale !
Ainsi résoudre le problème du chômage des Jeunes, c'est en
grande partie résoudre les problèmes de la jeunesse ! Et
qu'on le veuille ou non, seul les "Binômes Professionnels",
pourront sortir nos Filles et nos Garçons de la rue et leur
apporter un horizon autrement plus motivant que celui de
l'oisiveté, de la délinquance ou de la drogue.
Pour les Anciens. Les B. P. leur permettront de finir en
beauté leur carrière professionnelle. Quoi de plus beau en
effet pour un Homme dont le métier a constitué une part
importante de sa vie, de transmettre à son Apprenti son
savoir-faire, son expérience et peut-être aussi ses espoirs
ou ses ambitions manquées. Le fait même, pour un Ancien, à
l'aube de sa retraite, de transmettre son flambeau à un
Jeune qui est à l'aube de sa carrière professionnelle, peut
valoriser toute une fin de vie !
C’est dés l’âge
de 14 ans que se construit un Homme
En France, L’Education Nationale n’a jamais voulu admettre
que tous les Hommes n’étant pas identiques, la formation
devait être obligatoirement différente. On sait pourtant
depuis quelques temps, que pour les intellects à
prédominance théorique, la formation doit passer plutôt par
le néo-cortex et le cerveau Gauche. Alors que pour les
intellects à prédominance pratique, elle doit passer par le
cerveau limbique et l’hémisphère Droit. C'est-à-dire par
l’Apprentissage et les expérimentations concrètes, ou par ce
que nous pourrions appeler, la « formation-action ». Pour
eux, la formation intégrée en entreprise est quoique l’on en
dise la mieux adaptée, car ces Jeunes, loin d’être des
demeurés, comme certains enseignants voudraient le faire
croire, ont simplement un intellect plus réaliste que
spéculatif !
A ce jour, le principe des Binômes
Professionnels est certainement la meilleure et la plus
rapide des solutions qui soit, pour créer une embauche
massive de la prime-jeunesse, de 14 à 18 ans (3), et la
sortir du ‘pôt au noir’ dans lequel elle est, aujourd’hui,
engluée jusqu’au cou ! Car c’est déjà à cet âge là que
commencent les errements juvéniles dangereux, du genre des
feux d’artifices de banlieues !
Il ne fait aucun doute que le principe des « Binômes
Professionnels », développant à la fois le ‘savoir-faire’ et
le ‘savoir-être’, peut offrir des possibilités énormes et
insoupçonnées pour la formation globale des Jeunes, ou mieux
encore, pour le début de ce que nous pourrions appeler la
« formation intégrale » des Hommes de demain.
Raymond MONEDI
Février 2006
(1)
Voir : « AFIN QUE NUL NE PLEURE » ( Pages : 185 à 187 )
Edition BUCHET CHASTEL Paris
(2)
Voir : « 35 HEURES, pour une nouvelle Société » (pages 123
à 135) . idem
(3) Après
18 ans c’est trop tard, le mal étant déjà fait il faut
envisager d’autres solutions