|
|
|
 |
Pour les Vacances, ……une Histoire souriante sur le Travail
TRAVAIL
ou VACANCES ?
C’est COMME on le PENSE
Il
était une fois, ……
Dans notre beau Pays de France, une Entreprise
particulièrement innovante, qui mettait au point une
invention extraordinaire. Une de ces inventions
séculaires qui font avancer l’humanité !
Mais cette découverte exceptionnelle, posait dans
l’immédiat, de sérieux problèmes à son P.D.G. Bien sûr,
ces problèmes étaient en eux mêmes porteurs d’avenir ;
porteurs d’avenir pour l’Entreprise, mais aussi et
surtout, ne soyons pas modestes, pour le Monde entier !
|
Il se
devait donc de trouver rapidement, les solutions adéquates
pour développer, coûte que coûte, la trouvaille incroyable
de ses Techniciens. En effet, son bureau d'études par un
concours de circonstances aussi imprévu que miraculeux,
venait de faire une découverte fantastique, qui laissait
loin derrière elle, Papin et sa marmite à vapeur, Guillotin
et sa ‘guillotine’, et même Newton et sa pomme. Grâce a
cette idée, que la postérité prendra certainement comme base
d'une ère nouvelle, les hommes pourront bientôt produire des
tonnes d'électricité, avec simplement : du soleil, des bouts
de ficelles tressées et du sable.
Il fallait, bien sûr, éprouver cette invention tellement
incroyable et c'était cela qui posait problème, car ces
essais devaient être réalisés sous un soleil brûlant et dans
des conditions quasi inhumaines. Et, dans la résonance
confuse du « téléphone arabe » de l'entreprise, on sentait
très bien une forte résistance des représentants du
Personnel. Notre brave P.D.G., qui était très social, prit
donc la seule décision qui s'imposait, il réunit tout les
membres de son Entreprise et leur tint à peu près ce langage
:
"Mesdames, Messieurs, je vous
remercie de votre présence à cette réunion cruciale pour
l’avenir de notre Entreprise. Vous avez ouï dire que notre
bureau d'études a fait une formidable découverte, qui
pourrait porter notre Société au premier rang mondial. Sans
entrer dans les détails trop techniques, afin de ne pas vous
lasser et, aussi bien sûr pour préserver notre secret, je
tiens à vous donner les grandes lignes de cette invention,
afin que vous compreniez l'importance des essais que nous
devons impérativement effectuer.
Comme vous le savez, notre société est spécialisée dans la
fabrication de panneaux de tissus tressés en matériaux de
synthèse. Notre avance technique est telle, que nos tissus
mousse à base d'lsocyanate commencent à remplacer partout
les anciens panneaux en tissus éponge de polyuréthane. Et,
il y a quelques jours, par un hasard miraculeux, un de nos
chercheurs qui travaillait sur des tresses d'un nouveau
produit synthétique encore supérieur, a remarqué que ces
panneaux, simplement posés sur du sable et exposés au
soleil, déclenchaient un processus réactionnel qui générait
de l'électricité
Ne souriez pas messieurs! Ce phénomène
s'explique scientifiquement. Le sable en effet, contient de
la silice, et vous savez tous que l'on utilise déjà le
silicium, ce métalloïde tétravalent, dans les panneaux
solaires actuels. Mais ce procédé qui coûte horriblement
cher, sera très vite dépassé par notre découverte,
beaucoup plus pratique et bien plus économique. En effet,
nos nouveaux panneaux en tissu poreux a base de salicyanate,
(retenez bien ce nom) jouent au contact du sable et sous la
chaleur du soleil, le rôle d'échangeurs d'ions. Cette
réaction physico-chimico-thermique est d'ailleurs sublimée
par une légère humidité, et par une mise en vibrations
intermittente du sol."
Un silence admiratif, ……
puis de longs et bruyants applaudissements suivirent cet
exposé. Le calme revenu, notre P.D.G. conscient de cet
avantage poursuivit aussitôt :
" A présent, il faut bien sûr, faire
des essais à plus grande échelle. Malheureusement nous
sommes déjà à la mi-juillet, il nous reste donc tout juste
un mois pour profiter des journées d'ensoleillement maximum.
Nous n'avons pas le temps de construire une station
expérimentale, il faut donc que quelques personnes se
dévouent pour réaliser ces essais au plus vite.
Je pense que le plus simple serait de
choisir un endroit isolé et discret, à mon avis le plateau
aride du Larzac devrait bien convenir. Nous y ferions porter
une cinquantaine de camions de sable fin, et nous
aménagerions sur place, des installations sommaires mais
confortables pour les Hommes et le contrôle technique.
Le travail de ces volontaires consistera à disposer sur le
sable des pans de notre nouveau tissu éponge baptisé «
Silical », d'environ 180 cm par 70, et d'en assurer le
meilleur contact possible avec le sable ainsi que la
meilleure orientation par rapport au soleil. Ceci dans le
but d'obtenir, pour ce test expérimental, des résultats
optimums.
Ah, j'oubliais ! Il sera de plus nécessaire, pour la mise
en vibration du silicium, de jeter de temps à autre sur le
sable des masses de métal pesant 700 grammes environ."
Alors là, ce fût un tollé général.
Un brouhaha indescriptible, où chacun rajoutait sa
critique…Notre brave P.D.G. n'était qu'un tortionnaire,
qu'un sadique sans cœur, qui non seulement saignait les
travailleurs, mais qu'en plus il voulait les faire cuire au
soleil ! Comment pouvait-on songer sans honte, de faire
travailler des hommes des journées entières sous un soleil
torride, et ce, quasiment immobiles, à des températures
approchant les 50 degrés. Et cela, pendant deux à trois
semaines ! Et au mois d'août en plus! Et encore heureux que
la nuit, ils puissent dormir ! C'était tout bonnement
inhumain ! Le CE demandait un plan d'eau pour le
rafraîchissement (mais c'était déjà prévu pour humidifier
l'atmosphère) le doublement des équipes, etc.
Le CHS lui, exigeait la présence permanente d'une antenne
médicale pour des contrôles divers, pouls, tensions, etc.
Les Délégués du Personnel, quant à eux refusaient purement
et simplement. Et même s'ils avaient accepté, il aurait
fallu payer des heures à 400 %, ajouter une double prime de
déplacement, ainsi qu'une prime de risque exceptionnelle,
etc.
Tant et si bien que notre toujours brave P.D.G. était
complètement affolé. Il mettait en avant l'avenir de la
société, l'intérêt général, la création d'emplois, mais en
vain, il n'était même pas entendu dans le vacarme général.
Quand tout à coup, une voix haute et claire lança :
Pardon, monsieur le Président...
Aussitôt silence. Qui avait osé interrompre une réunion de
travail de cette importance ? C'était Mme Dupont,
l’infirmière. Le président très heureux de cette diversion
inespérée lui donna la parole.
Eh bien moi,
Monsieur le Président, je suis volontaire pour faire cet
essai, et ….. j'ajouterai même, pour le faire …..
gratuitement !
Re-tollé général, sarcasmes, rires ironiques ! La pauvre,
elle n'avait rien compris ! Evidemment, c’était une femme !
etc. ……Le Président lui-même interloqué de cette
proposition, demanda le silence et pria Mme Dupont de
s'expliquer.
Eh bien oui, Monsieur le Président, moi
je suis d'accord pour faire cet essai pour rien…..Car, en
effet, monsieur le Président, si j'ai bien compris, cet
essai, ce travail inhumain paraît-il, ce n'est ni plus ni
moins ce que font chaque année, tous les vacanciers qui vont
se griller au bord de la mer !
Surprise générale, et silence embarrassé de toute la salle.
Ben oui, Monsieur le Président, cette
année au lieu d'aller, avec mon mari et les enfants, en
camping sur la Costa Brava, vous pourriez nous louer une
villa discrète au bord de la mer, avec une plage de sable
fin, à Saint-Tropez par exemple. Je m'occuperai bien de
vos panneaux en nouveau tissu mousse «silical», ils me
serviront de serviettes de bain, ainsi,…… j'économiserai les
miennes!
Un rire franc détendit enfin l'atmosphère et les
représentants du personnel quelque peu embarrassés fêtaient
à présent Mme Dupont et louaient même son bon sens. Notre
brave P.D.G. était le plus heureux des hommes ! Cette
fois-ci encore, son problème avait trouvé sa solution ! Tout
était parfait. Quand tout a coup, se frappant le front, il
se ravisa :
Mais, Madame Dupont vous avez oublié
une chose. C'est que pour mettre les molécules de silicium
en vibration, il faudra par moments, jeter des masses de
métal sur le sable. Avec la chaleur, ce sera une corvée
pénible certes, mais cruciale pour la réussite de notre
expérience.
Ne vous faites pas de souci pour ça,
Monsieur le Président, mon mari, moi et nos enfants, l’été
nous aimons beaucoup ,……. jouer à la pétanque !
|
MORALITE |
|
Du travail, l'idée que l'on en a,
fait merveille,
Corvée pour les uns, pour les autres, trésor.
Tant il est vrai que toujours, au même soleil,
Tant l’un s'y brûle, alors que l'autre s'y dore. |
Raymond
MONEDI
Juillet
2009