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Il y a le 'Travail '
et le 'travail ' ! Oui Messieurs, ils vous est facile de parler
du travail avec un grand 'T' mais le 'travail ' est un terme
générique qui englobe toutes les activités et qui va du 'travail
souffrance' au 'travail jouissance'. Rappelons que son origine
vient du terme latin « trépalium », (instrument de torture) !
Alors en ce début de 3ème millénaire, vouloir faire l'apologie
du travail et vouloir faire accroire qu'il est l'unique source
du bonheur des Hommes serait risible, si ce n'était pas aussi
triste et machiavélique ! Oui, il fût des temps où le travail
pouvait apporter du bonheur, mais vous l'avez tellement dénaturé
avec votre course insensée à la productivité, qu'à présent pour
les exécutants, seul le montant du salaire compte ! Honte à vous
«Mégalos-man ». Honte à vous Dirigeants occasionnels, honte à
vous aussi prédateurs du MEDEF et à nos économistes
irresponsables, de promouvoir un avenir à rebours, nous ramenant
peu à peu au « trépalium » de nos ancêtres.
Parce qu'à notre époque encore, le terme 'travail' va de
l'esclave qui souffre et subit, au maître qui jouit et
s'enrichit. Et il est évident que la vision de leurs activités
respectives, est très différente ! Mais la grande différence, le
paradoxe même, est qu'aujourd'hui, où l'on parle tant de justice
et de démocratie, ceux qui font un labeur, dur, épuisant et
fastidieux sont SOUS-payés, alors que ceux qui font un travail
attrayant et gratifiant sont SUR-payés ! Là est l'injustice
primordiale qui fausse toute notre grille salariale nationale.
Et voilà qu'à présent, en plus, on commence à critiquer le temps
de travail des 'forçats de la productivité'. L'on envisage même
de les faire travailler 45 heures, payées 35. Ne souriez pas, ce
n'est pas une plaisanterie, c'est vrai !
Travailler plus pour gagner moins. Mais comment peut-on, dans
une civilisation aussi avancée que la notre, proposer des idées
aussi arriérées et surtout aussi dangereuses sur le plan social?
Mais comment nos Dirigeants et nos responsables
socio-économiques, peuvent-ils décréter que 35 heures de travail
ce n'est pas assez ? Car répétons-le, tout dépend du contenu !
A savoir :
Les
Cols Bleus, qui font un travail pénible, répétitif,
abrutissant, etc ...pour un salaire de misère.
Les Cols Blancs, qui font un travail normal, manuel ou
intellectuel, pour un salaire normal.
Les cols Cravatés, qui font un travail-plaisir, sans voir
le temps, mais qui se payent grassement.
Par nos connaissances de la condition ouvrière et des hautes
sphères, nous pourrions exposer, de façon empirique certes, mais
assez proche de la réalité, la 'comparaison équitable' suivante
:
35 H. de
Cols Bleus == 42 H. de Cols Blancs == 50 H. de Cols Cravatés
Pour clore la série des cols, citons les Faux-Cols, nos «
Mégalos-man », qui du haut de leur tour d'ivoire, les villes à
leurs pieds, tirent les ficelles de la Société. Mais n'oubliez
pas, Messieurs, le vieil adage, « A vouloir trop tirer sur la
corde,...... ». Et ce ne sont pas que des mots, aujourd'hui la
corde est plus tendue qu'on ne le pense !
Aujourd'hui, la FRANCE a peur. Et tout le monde sait que la peur
est mauvaise conseillère. Si dans un premier temps elle calme
les ardeurs, il ne faut souvent pas grand-chose pour qu'à un
moment donné, elle joue le rôle de détonateur ! Actuellement en
France, (comme dans tous les Pays industrialisés d'ailleurs), il
doit y avoir 20 % de nantis qui sont satisfaits de leur sort et
qui eux peuvent être optimistes, mais les 80 % restants très
inquiets sur la précarité de leur avenir, se noient dans le
pessimisme ambiant. Et l'évolution à rebours qui se prépare et
qui risque d'annihiler des décennies de progrès sociétal, ne va
qu'empirer la situation.
La classe politique semble surprise de cette sinistrose
généralisée et n'a pas l'air de s'en préoccuper beaucoup. Elle
ne réalise pas que les Français ont vraiment le moral en berne
et qu'ils en ont assez de leurs valses hésitations et de leurs
décisions -tango. Car pour eux, comme pour toute l'espèce
Humaine, le premier objectif de tout progrès sociétal doit être
: « de travailler moins et de gagner plus, pour vivre de mieux
en mieux ». Alors que poussé par un MEDEF rétrograde, on veut
accroître les horaires de travail et baisser les salaires, et en
plus, on veut « réviser » le Code du travail. Pour le mettre au
service du grand patronat, certainement.
Toute régression
sociale est dangereuse. Grâce aux incessants combats menés par
nos lointains aïeux, et grâce aux dures luttes ouvrières menées
par nos proches parents, nous nous 'affranchissons' petit à
petit, du travail-contrainte, ou même du travail-torture, comme
disaient les latins. C'est ainsi que depuis le début de l'ère
industrielle, de 1850 à nos jours, le temps hebdomadaire de
travail, s'est réduit progressivement de : 1 heure tous les 3
Ans ! De quel droit, et pour quelle raison occulte, veut-on
aujourd'hui nous faire revenir en arrière ? L'inconscience de
nos apprentis sorciers est aussi grave que leur ignorance. Que
n'ont-ils pas pris connaissance des travaux du grand
psycho-sociologue américain, A.MASLOW, qui fût le premier, avec
sa fameuse pyramide, a énoncer les cinq critères qui régissent
la progression de la qualité de la vie des humains. Le bonheur
des Hommes passe par la satisfaction, dans l'ordre prescrit, de
leurs cinq aspirations fondamentales : -1) Physiologiques ,- 2)
Sécurité,- 3) Sociales,- 4) Estime et -5) Réalisation de Soi.
L'important, est de respecter impérativement l'ordre de montée
des étages de la pyramide, et surtout, surtout, de jamais
redescendre d'un niveau.
Malheureusement nos 'Mégalos-Man' du moment, par leur
incompétence et leur ambitions démesurées, sont en train de nous
faire chuter entre le 2ème et 3ème étage : Pertes de la «
Sécurité », sur le plan général, mais surtout perte de la
'sécurité de l'emploi', d'une part, et d'autre part, Pertes sur
le plan « Social », par 'l'accroissement du temps de travail',
'la baisse des salaires' et la 'remise en cause des acquis
sociaux'.
Trop c'est trop ! Un tel retour en
arrière ne sera jamais accepté ! Et il est possible que notre
'évolution' à venir, soit précédée d'un grand 'R' ! Comme un
'air' de Carmagnole !
Raymond
MONEDI
Février 2005
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