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POINT DE VUE FEVRIER 2005

 

Ils ont le beau rôle les contempteurs des 35 Heures, eux qui travaillent, ou qui se pavanent, en costumes trois pièces dans des bureaux douillets, climatisés et luxueux, de traiter les travailleurs Français de 'feignants' et de qualifier la France de paresseuse !

Qu'il est facile de critiquer les ouvriers, quand on n'a pas mis ses mains dans le cambouis, quand on n'a pas travaillé à la chaîne, quand on n'a pas fait des travaux répétitifs, insalubres et dangereux, ou transporté de lourdes charges à longueur de journée, et quand,...et quand,... Un proverbe indien dit que « l'on a pas le droit de juger quelqu'un, si l'on a pas toute une journée, chaussé ses mocassins »

 

  Les REVISIONNISTES des 35 H. et du CODE du TRAVAIL
JOUENT AVEC LE FEU

Il y a le 'Travail ' et le 'travail ' ! Oui Messieurs, ils vous est facile de parler du travail avec un grand 'T' mais le 'travail ' est un terme générique qui englobe toutes les activités et qui va du 'travail souffrance' au 'travail jouissance'. Rappelons que son origine vient du terme latin « trépalium », (instrument de torture) ! Alors en ce début de 3ème millénaire, vouloir faire l'apologie du travail et vouloir faire accroire qu'il est l'unique source du bonheur des Hommes serait risible, si ce n'était pas aussi triste et machiavélique ! Oui, il fût des temps où le travail pouvait apporter du bonheur, mais vous l'avez tellement dénaturé avec votre course insensée à la productivité, qu'à présent pour les exécutants, seul le montant du salaire compte ! Honte à vous «Mégalos-man ». Honte à vous Dirigeants occasionnels, honte à vous aussi prédateurs du MEDEF et à nos économistes irresponsables, de promouvoir un avenir à rebours, nous ramenant peu à peu au « trépalium » de nos ancêtres.

Parce qu'à notre époque encore, le terme 'travail' va de l'esclave qui souffre et subit, au maître qui jouit et s'enrichit. Et il est évident que la vision de leurs activités respectives, est très différente ! Mais la grande différence, le paradoxe même, est qu'aujourd'hui, où l'on parle tant de justice et de démocratie, ceux qui font un labeur, dur, épuisant et fastidieux sont SOUS-payés, alors que ceux qui font un travail attrayant et gratifiant sont SUR-payés ! Là est l'injustice primordiale qui fausse toute notre grille salariale nationale. Et voilà qu'à présent, en plus, on commence à critiquer le temps de travail des 'forçats de la productivité'. L'on envisage même de les faire travailler 45 heures, payées 35. Ne souriez pas, ce n'est pas une plaisanterie, c'est vrai !

Travailler plus pour gagner moins. Mais comment peut-on, dans une civilisation aussi avancée que la notre, proposer des idées aussi arriérées et surtout aussi dangereuses sur le plan social? Mais comment nos Dirigeants et nos responsables socio-économiques, peuvent-ils décréter que 35 heures de travail ce n'est pas assez ? Car répétons-le, tout dépend du contenu !

A savoir :

Les Cols Bleus, qui font un travail pénible, répétitif, abrutissant, etc ...pour un salaire de misère.

Les Cols Blancs, qui font un travail normal, manuel ou intellectuel, pour un salaire normal.

Les cols Cravatés, qui font un travail-plaisir, sans voir le temps, mais qui se payent grassement.


Par nos connaissances de la condition ouvrière et des hautes sphères, nous pourrions exposer, de façon empirique certes, mais assez proche de la réalité, la 'comparaison équitable' suivante :

35 H. de Cols Bleus == 42 H. de Cols Blancs == 50 H. de Cols Cravatés

Pour clore la série des cols, citons les Faux-Cols, nos « Mégalos-man », qui du haut de leur tour d'ivoire, les villes à leurs pieds, tirent les ficelles de la Société. Mais n'oubliez pas, Messieurs, le vieil adage, « A vouloir trop tirer sur la corde,...... ». Et ce ne sont pas que des mots, aujourd'hui la corde est plus tendue qu'on ne le pense !


Aujourd'hui, la FRANCE a peur. Et tout le monde sait que la peur est mauvaise conseillère. Si dans un premier temps elle calme les ardeurs, il ne faut souvent pas grand-chose pour qu'à un

moment donné, elle joue le rôle de détonateur ! Actuellement en France, (comme dans tous les Pays industrialisés d'ailleurs), il doit y avoir 20 % de nantis qui sont satisfaits de leur sort et qui eux peuvent être optimistes, mais les 80 % restants très inquiets sur la précarité de leur avenir, se noient dans le pessimisme ambiant. Et l'évolution à rebours qui se prépare et qui risque d'annihiler des décennies de progrès sociétal, ne va qu'empirer la situation.

La classe politique semble surprise de cette sinistrose généralisée et n'a pas l'air de s'en préoccuper beaucoup. Elle ne réalise pas que les Français ont vraiment le moral en berne et qu'ils en ont assez de leurs valses hésitations et de leurs décisions -tango. Car pour eux, comme pour toute l'espèce Humaine, le premier objectif de tout progrès sociétal doit être : « de travailler moins et de gagner plus, pour vivre de mieux en mieux ». Alors que poussé par un MEDEF rétrograde, on veut accroître les horaires de travail et baisser les salaires, et en plus, on veut « réviser » le Code du travail. Pour le mettre au service du grand patronat, certainement.


Toute régression sociale est dangereuse. Grâce aux incessants combats menés par nos lointains aïeux, et grâce aux dures luttes ouvrières menées par nos proches parents, nous nous 'affranchissons' petit à petit, du travail-contrainte, ou même du travail-torture, comme disaient les latins. C'est ainsi que depuis le début de l'ère industrielle, de 1850 à nos jours, le temps hebdomadaire de travail, s'est réduit progressivement de : 1 heure tous les 3 Ans ! De quel droit, et pour quelle raison occulte, veut-on aujourd'hui nous faire revenir en arrière ? L'inconscience de nos apprentis sorciers est aussi grave que leur ignorance. Que n'ont-ils pas pris connaissance des travaux du grand psycho-sociologue américain, A.MASLOW, qui fût le premier, avec sa fameuse pyramide, a énoncer les cinq critères qui régissent la progression de la qualité de la vie des humains. Le bonheur des Hommes passe par la satisfaction, dans l'ordre prescrit, de leurs cinq aspirations fondamentales : -1) Physiologiques ,- 2) Sécurité,- 3) Sociales,- 4) Estime et -5) Réalisation de Soi. L'important, est de respecter impérativement l'ordre de montée des étages de la pyramide, et surtout, surtout, de jamais redescendre d'un niveau.

Malheureusement nos 'Mégalos-Man' du moment, par leur incompétence et leur ambitions démesurées, sont en train de nous faire chuter entre le 2ème et 3ème étage : Pertes de la « Sécurité », sur le plan général, mais surtout perte de la 'sécurité de l'emploi', d'une part, et d'autre part, Pertes sur le plan « Social », par 'l'accroissement du temps de travail', 'la baisse des salaires' et la 'remise en cause des acquis sociaux'.

Trop c'est trop ! Un tel retour en arrière ne sera jamais accepté ! Et il est possible que notre 'évolution' à venir, soit précédée d'un grand 'R' ! Comme un 'air' de Carmagnole !

 

 Raymond  MONEDI
Février 2005